
Protéger le foyer ne consiste pas à suspendre un papier au mur ou à répéter un nombre secret ; c’est le rappel d’Allah qui donne vie à un lieu. Dans Hisn al-Mouslim, ces adhkar sont répartis par chapitres selon le moment et la situation : le Coran dans la maison, puis le rappel en entrant, puis en sortant, puis les adhkar du matin et du soir, puis la demande de protection pour les enfants, puis les pratiques domestiques au coucher. Cette page les présente à leur place, sans rien déplacer de son chapitre, et constitue un prolongement du texte complet de la rouqya.
L’ordre en un coup d’œil
| Situation | Ce qui est récité | Nombre |
|---|---|---|
| Le Coran dans la maison | Sourate Al-Baqara et ses derniers versets | Aucun nombre imposé |
| En entrant chez soi | Le rappel d’Allah à l’entrée | Une fois |
| En sortant de chez soi | Au nom d’Allah, je place ma confiance en Allah | Une fois |
| Matin et soir | Al-Ikhlas et les deux sourates protectrices | Trois fois |
| Matin et soir | Je cherche refuge dans les paroles parfaites d’Allah | Trois fois |
| Matin et soir | Au nom d’Allah, dont le nom préserve de tout mal | Trois fois |
| Matin et soir | La formule maîtresse de demande de pardon | Une fois |
| Dans la journée | Nulle divinité en dehors d’Allah, seul | Cent fois |
| Pour les enfants | Je demande pour vous la protection des paroles parfaites d’Allah | Une fois |
| Au coucher | Fermer les portes et couvrir les récipients en prononçant le nom d’Allah | Une fois |
Premièrement : le Coran dans la maison
Le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : « Ne faites pas de vos maisons des tombeaux. Satan fuit la maison dans laquelle la sourate Al-Baqara est récitée » (Sahih de Mouslim, 780). La première protection consiste donc à réserver chez soi un moment fixe pour réciter la sourate Al-Baqara, même quelques pages, à voix haute.
Surah Al-Baqarah 2:285-286
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ءَامَنَ ٱلرَّسُولُ بِمَآ أُنزِلَ إِلَيْهِ مِن رَّبِّهِۦ وَٱلْمُؤْمِنُونَ ۚ كُلٌّ ءَامَنَ بِٱللَّهِ وَمَلَٰٓئِكَتِهِۦ وَكُتُبِهِۦ وَرُسُلِهِۦ لَا نُفَرِّقُ بَيْنَ أَحَدٍۢ مِّن رُّسُلِهِۦ ۚ وَقَالُوا۟ سَمِعْنَا وَأَطَعْنَا ۖ غُفْرَانَكَ رَبَّنَا وَإِلَيْكَ ٱلْمَصِيرُ لَا يُكَلِّفُ ٱللَّهُ نَفْسًا إِلَّا وُسْعَهَا ۚ لَهَا مَا كَسَبَتْ وَعَلَيْهَا مَا ٱكْتَسَبَتْ ۗ رَبَّنَا لَا تُؤَاخِذْنَآ إِن نَّسِينَآ أَوْ أَخْطَأْنَا ۚ رَبَّنَا وَلَا تَحْمِلْ عَلَيْنَآ إِصْرًۭا كَمَا حَمَلْتَهُۥ عَلَى ٱلَّذِينَ مِن قَبْلِنَا ۚ رَبَّنَا وَلَا تُحَمِّلْنَا مَا لَا طَاقَةَ لَنَا بِهِۦ ۖ وَٱعْفُ عَنَّا وَٱغْفِرْ لَنَا وَٱرْحَمْنَآ ۚ أَنتَ مَوْلَىٰنَا فَٱنصُرْنَا عَلَى ٱلْقَوْمِ ٱلْكَٰفِرِينَ An-Nou’man ibn Bachir rapporte que le Prophète a dit : « Allah a écrit un Livre deux mille ans avant de créer les cieux et la terre, puis en a fait descendre deux versets par lesquels Il a clos la sourate Al-Baqara. Ils ne sont pas récités trois nuits dans une maison sans que le diable s’en tienne éloigné » (Jami’ de Tirmidhi, 2882, jugé hasan gharib par Tirmidhi et authentifié par Al-Albani).
Quant à ﴿ٱللَّهُ لَآ إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ ٱلْحَىُّ ٱلْقَيُّومُ ۚ لَا تَأْخُذُهُۥ سِنَةٌۭ وَلَا نَوْمٌۭ ۚ لَّهُۥ مَا فِى ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَمَا فِى ٱلْأَرْضِ ۗ مَن ذَا ٱلَّذِى يَشْفَعُ عِندَهُۥٓ إِلَّا بِإِذْنِهِۦ ۚ يَعْلَمُ مَا بَيْنَ أَيْدِيهِمْ وَمَا خَلْفَهُمْ ۖ وَلَا يُحِيطُونَ بِشَىْءٍۢ مِّنْ عِلْمِهِۦٓ إِلَّا بِمَا شَآءَ ۚ وَسِعَ كُرْسِيُّهُ ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضَ ۖ وَلَا يَـُٔودُهُۥ حِفْظُهُمَا ۚ وَهُوَ ٱلْعَلِىُّ ٱلْعَظِيمُ﴾, sa place dans ce chapitre est au coucher plutôt que parmi les adhkar de la journée ; il est détaillé dans les adhkar du coucher dans l’ordre.
Deuxièmement : le rappel en entrant chez soi
Le fondement établi figure dans le Sahih de Mouslim (2018) : évoquer Allah en entrant et au moment de manger empêche Satan de passer la nuit avec les habitants ou de partager leur repas. Ce qui compte est le rappel d’Allah, non une formule particulière.
The supplication
بِسْمِ اللَّهِ وَلَجْنَا، وَبِسْمِ اللَّهِ خَرَجْنَا، وَعَلَى رَبِّنَا تَوَكَّلْنَا
Sens : « Au nom d’Allah nous entrons, au nom d’Allah nous sortons, et en notre Seigneur nous plaçons notre confiance. »
Cette formulation figure chez Abou Dawoud (5096), avec une rupture dans sa chaîne que plusieurs savants ont jugée faible ; le fondement du chapitre reste donc le hadith de Mouslim cité plus haut. Celui qui prononce cette formule ne fait rien de répréhensible, et l’on salue les habitants par le salam, comme Allah l’a ordonné.
Troisièmement : le rappel en sortant de chez soi
The supplication
بِسْمِ اللَّهِ، تَوَكَّلْتُ عَلَى اللَّهِ، لَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ
Sens : « Au nom d’Allah, je place ma confiance en Allah ; il n’est de puissance ni de force qu’en Allah. »
Rapporté par Abou Dawoud (5095) et Tirmidhi (3426), qui l’a authentifié, avec ces termes : « On lui dit : tu es préservé du besoin, protégé et guidé. »
Quatrièmement : les adhkar du matin et du soir
Ce sont des adhkar liés au temps, prononcés aux deux extrémités du jour ; ce ne sont pas des formules de protection propres à la maison, et c’est exactement à cette place que les situe Hisn al-Mouslim.
Al-Ikhlas et les deux sourates protectrices, trois fois
Le Prophète a dit : « Récite Al-Ikhlas et les deux sourates protectrices trois fois le soir et le matin ; elles te suffiront contre toute chose » (Sounan d’Abou Dawoud, 5082 ; Jami’ de Tirmidhi, 3575, jugé hasan). Lisez-les dans le Coran si vous ne les avez pas mémorisées.
Je cherche refuge dans les paroles parfaites d’Allah
The supplication
أَعُوذُ بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّاتِ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ
Sens : « Je cherche refuge dans les paroles parfaites d’Allah contre le mal de ce qu’Il a créé. »
Trois fois le soir ; celui qui le dit ne subit pas le mal d’une piqûre cette nuit-là (Mousnad d’Ahmad, 7898 ; Jami’ de Tirmidhi, 3604). Son fondement, à prononcer lorsqu’on s’arrête dans un lieu, figure dans le Sahih de Mouslim (2708).
Au nom d’Allah, dont le nom préserve de tout mal
The supplication
بِسْمِ اللَّهِ الَّذِي لَا يَضُرُّ مَعَ اسْمِهِ شَيْءٌ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي السَّمَاءِ وَهُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ
Sens : « Au nom d’Allah, avec le nom duquel rien ne peut nuire sur terre ni au ciel, et Il est Celui qui entend tout, l’Omniscient. »
Trois fois matin et soir (Sounan d’Abou Dawoud, 5088 ; Jami’ de Tirmidhi, 3388, jugé hasan).
La formule maîtresse de demande de pardon
The supplication
اللَّهُمَّ أَنْتَ رَبِّي لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، خَلَقْتَنِي وَأَنَا عَبْدُكَ، وَأَنَا عَلَى عَهْدِكَ وَوَعْدِكَ مَا اسْتَطَعْتُ، أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا صَنَعْتُ، أَبُوءُ لَكَ بِنِعْمَتِكَ عَلَيَّ، وَأَبُوءُ بِذَنْبِي فَاغْفِرْ لِي، فَإِنَّهُ لَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ
Sens : « Ô Allah, Tu es mon Seigneur ; nulle divinité en dehors de Toi. Tu m’as créé et je suis Ton serviteur. Je demeure fidèle à Ton pacte et à mon engagement envers Toi autant que je le peux. Je cherche refuge auprès de Toi contre le mal que j’ai commis. Je reconnais Ton bienfait envers moi et je reconnais mon péché ; pardonne-moi, car nul ne pardonne les péchés en dehors de Toi. »
Rapporté par Boukhari (6306). Cette formule se prononce au début et à la fin du jour ; elle appartient au chapitre de la demande de pardon, non aux formules de protection.
Nulle divinité en dehors d’Allah, seul, cent fois
The supplication
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ، وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ
Sens : « Nulle divinité en dehors d’Allah, seul, sans associé. À Lui la royauté et à Lui la louange, et Il est capable de toute chose. »
Cent fois par jour ; le récit précise : « cela constitue pour lui une protection contre Satan ce jour-là jusqu’au soir » (Sahih de Boukhari, 6403). Les autres adhkar du matin et du soir, avec leur nombre de répétitions, figurent sur la page des adhkar.
Cinquièmement : demander la protection pour les enfants
The supplication
أُعِيذُكُمَا بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّةِ، مِنْ كُلِّ شَيْطَانٍ وَهَامَّةٍ، وَمِنْ كُلِّ عَيْنٍ لَامَّةٍ
Sens : « Je demande pour vous deux la protection des paroles parfaites d’Allah contre tout diable, toute créature venimeuse et tout mauvais œil. »
Le Prophète employait cette formule pour Al-Hasan et Al-Housayn (Sahih de Boukhari, 3371) ; c’est la formulation la plus adaptée aux enfants, et l’on utilise le singulier pour un seul enfant.
Sixièmement : les pratiques domestiques au coucher
Le Prophète a prescrit de fermer les portes en prononçant le nom d’Allah, de couvrir les récipients, d’éteindre les lampes et de nouer les outres (Sahih de Boukhari, 3280 ; Sahih de Mouslim, 2012). Ce sont des pratiques concrètes de la Sunna pour le foyer, non des formules à compter ; elles ne remplacent pas les adhkar du coucher, dont la place est dans les adhkar du coucher dans l’ordre.
Ce qui n’est pas établi pour protéger la maison
| Pratique répandue | Ce qui est correct |
|---|---|
| Suspendre des versets ou des papiers aux murs pour se protéger | La protection passe par la récitation et le rappel, non par des objets suspendus ; les amulettes sont interdites |
| Des nombres particuliers, comme sept ou quarante, pour la maison | Aucun nombre n’est établi dans ce chapitre ; les nombres transmis appartiennent à leurs chapitres respectifs : trois fois, cent fois |
| Considérer le verset du Trône comme une formule du matin uniquement | Son grand mérite est transmis au coucher ; certains savants l’ont aussi recommandé matin et soir |
| Réciter Al-Baqara pendant un nombre fixe de jours | Le hadith encourage sa récitation dans la maison sans préciser de jours ; ses derniers versets sont mentionnés avec trois nuits |
| Compter sur le rappel tout en négligeant les moyens pratiques | Le rappel est un moyen religieux, associé à la sécurisation de la maison, à la vigilance et aux soins |
Des outils pour vous aider
- Adhkar pour le rappel du matin et du soir avec les nombres transmis.
- Le Coran avec récitation pour lire et écouter la sourate Al-Baqara et les sourates protectrices.
- Le texte complet de la rouqya pour les formulations, les conditions et les invocations de la rouqya.
- Les adhkar du coucher dans l’ordre pour ce qui se récite au lit.
Questions fréquentes
Quels adhkar de protection du foyer sont authentiques ?
La récitation du Coran chez soi, en particulier la sourate Al-Baqara et ses derniers versets ; le rappel en entrant et en sortant ; les adhkar du matin et du soir avec leurs nombres ; la demande de protection pour les enfants par les paroles parfaites d’Allah ; et les pratiques de la Sunna consistant à fermer les portes et à couvrir les récipients la nuit.
Suspendre des versets aux murs protège-t-il une maison ?
Non. La protection passe par la récitation, le rappel et les actes, tandis que suspendre un objet pour repousser le mal relève des amulettes interdites.
Combien de fois dit-on « Je cherche refuge dans les paroles parfaites d’Allah » ?
Trois fois le soir, comme dans le hadith de Tirmidhi, avec pour fondement le récit du Sahih de Mouslim concernant l’arrêt dans un lieu. Aucun autre nombre n’est transmis dans ce chapitre.
Le rappel suffit-il sans sécuriser la maison ?
Le rappel est un grand moyen religieux ; parallèlement, le Prophète a prescrit de fermer les portes et de couvrir les récipients. Associer les moyens religieux et pratiques est donc la voie de la Sunna.
Quelle différence entre les adhkar de protection et ceux du coucher ?
Les adhkar de cette page se rapportent à des moments et situations de la journée, ainsi qu’à l’entrée et à la sortie de la maison, tandis que les adhkar du coucher constituent un chapitre distinct et ordonné, présenté intégralement dans les adhkar du coucher dans l’ordre.
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Sources des données
- Sa’id ibn Ali Al-Qahtani, Hisn al-Mouslim, chapitres sur l’entrée et la sortie de la maison et le rappel du matin et du soir : ordre des chapitres et nombres de répétitions
- Sahih de Mouslim, ne faites pas de vos maisons des tombeaux et récitation d’Al-Baqara chez soi
- Jami’ de Tirmidhi, les deux derniers versets d’Al-Baqara, hasan gharib
- Sahih de Mouslim, rappel d’Allah en entrant chez soi et en mangeant
- Sounan d’Abou Dawoud, formule à l’entrée de la maison, avec une rupture dans la chaîne
- Sounan d’Abou Dawoud, au nom d’Allah, je place ma confiance en Allah, en sortant
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Dernière mise à jour: 29 octobre 2026


