
Cette page explique l’invocation prononcée à l’achèvement de la lecture du Coran : le texte répandu, son origine et son degré d’authenticité, le statut de l’invocation à cette occasion et des formulations authentiques qui conviennent. Si vous cherchez la récitation elle-même, elle se trouve dans la rubrique Coran.
Le statut de l’invocation à l’achèvement de la lecture
L’invocation est un acte d’adoration encouragé en tout temps, et plusieurs musulmans des premières générations réunissaient leur famille lorsqu’ils achevaient une lecture et invoquaient Allah. Cependant, aucune formulation particulière n’est rapportée authentiquement du Prophète, paix et salut sur lui, pour ce moment, ni aucun nombre ou formule obligatoires. Il en découle donc ce qui suit :
- Invoquer après l’achèvement est permis et bon, cela relevant de l’invocation libre dont aucun texte n’a fixé la formulation.
- Réserver un texte particulier à cette occasion en l’attribuant au Prophète ne relève pas de la Sunna ; cela revient à lui attribuer ce qui n’est pas établi.
- Ce qui est rapporté de certains musulmans des premières générations concernant le fait de se réunir et d’invoquer constitue des récits de leur pratique, non des traditions prophétiques, et doit être présenté ainsi.
- Invoquer après l’achèvement collectivement pendant la prière nocturne du Ramadan fait l’objet d’un désaccord savant ; la latitude de ce désaccord implique de ne condamner ni cette pratique ni son abandon.
L’équilibre est simple : demandez tout le bien que vous souhaitez, n’imposez aucune formulation et n’attribuez pas celle-ci au Prophète.
Le texte répandu : « Ô Allah, fais-moi miséricorde par le Coran »
Le texte le plus connu, imprimé à la fin de nombreux exemplaires du Coran, est le suivant :
The supplication
اللَّهُمَّ ارْحَمْنِي بِالْقُرْآنِ، وَاجْعَلْهُ لِي إِمَامًا وَنُورًا وَهُدًى وَرَحْمَةً، اللَّهُمَّ ذَكِّرْنِي مِنْهُ مَا نَسِيتُ، وَعَلِّمْنِي مِنْهُ مَا جَهِلْتُ، وَارْزُقْنِي تِلَاوَتَهُ آنَاءَ اللَّيْلِ وَأَطْرَافَ النَّهَارِ، وَاجْعَلْهُ لِي حُجَّةً يَا رَبَّ الْعَالَمِينَ
Notre position à son sujet doit être claire : son sens est excellent et il n’y a aucun mal à l’employer pour invoquer, mais il n’est pas établi comme récit prophétique par une chaîne fiable. Il s’est répandu à travers les recueils d’invocations et les éditions imprimées. Employez-le comme une belle invocation issue des paroles des savants, sans le présenter comme « l’invocation que le Prophète disait à l’achèvement de la lecture ».
Quant aux très longues formules récitées dans certaines assemblées et qui s’étendent sur plusieurs pages, la plupart sont des compositions tardives réunissant diverses invocations. Leur sens ne pose pas de problème lorsqu’il est exempt d’excès et d’affectation, mais elles ne doivent pas être traitées comme un texte imposé.
Des formulations authentiques adaptées à l’achèvement
Si vous souhaitez terminer par des formulations transmises de manière sûre, les suivantes proviennent du Coran lui-même, ce qui convient le mieux à cette occasion.
Le dernier verset d’Al-Baqara, au sujet duquel Mouslim rapporte que ce qui y est demandé est accordé :
Surah Al-Baqarah 2:286
Verified recitation
لَا يُكَلِّفُ ٱللَّهُ نَفْسًا إِلَّا وُسْعَهَا ۚ لَهَا مَا كَسَبَتْ وَعَلَيْهَا مَا ٱكْتَسَبَتْ ۗ رَبَّنَا لَا تُؤَاخِذْنَآ إِن نَّسِينَآ أَوْ أَخْطَأْنَا ۚ رَبَّنَا وَلَا تَحْمِلْ عَلَيْنَآ إِصْرًۭا كَمَا حَمَلْتَهُۥ عَلَى ٱلَّذِينَ مِن قَبْلِنَا ۚ رَبَّنَا وَلَا تُحَمِّلْنَا مَا لَا طَاقَةَ لَنَا بِهِۦ ۖ وَٱعْفُ عَنَّا وَٱغْفِرْ لَنَا وَٱرْحَمْنَآ ۚ أَنتَ مَوْلَىٰنَا فَٱنصُرْنَا عَلَى ٱلْقَوْمِ ٱلْكَٰفِرِينَ L’invocation pour demeurer ferme sur la bonne voie après avoir reçu la connaissance :
The supplication
رَبَّنَا لَا تُزِغْ قُلُوبَنَا بَعْدَ إِذْ هَدَيْتَنَا وَهَبْ لَنَا مِنْ لَدُنْكَ رَحْمَةً إِنَّكَ أَنْتَ الْوَهَّابُ
Et l’invocation pour l’acceptation des œuvres :
The supplication
رَبَّنَا تَقَبَّلْ مِنَّا إِنَّكَ أَنْتَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ
Toutes proviennent du Coran : celui qui les emploie à l’achèvement termine donc le Coran par le Coran, ce qui constitue le choix le plus sûr et le plus complet.
Quand la prononcer et dans quels cadres achever la lecture
| Cadre | Pratique | Remarque |
|---|---|---|
| Lecture individuelle achevée à la maison | Le lecteur termine An-Nas puis invoque librement | Ni voix élevée ni formule fixe ne sont requises |
| Achèvement pendant la prière nocturne | L’imam et les fidèles invoquent après la récitation | Question discutée, laissant une large place à la divergence |
| Achèvement par une personne ayant mémorisé le Coran | Réunion familiale, invocation et remerciements à Allah | Pratique rapportée des premières générations, non une Sunna établie |
| Achèvement pendant le Ramadan | Beaucoup de lecteurs visent les dernières nuits | Aucune nuit précise n’est désignée par les textes |
Beaucoup de lecteurs commencent Al-Fatiha et le début d’Al-Baqara immédiatement après avoir terminé, pour signifier que le lien avec le Coran ne s’interrompt pas. C’est une bonne habitude comprise comme une organisation pratique, non comme une Sunna.
Les convenances à l’achèvement de la lecture
- Remercier avant de demander : que vos premières paroles soient des louanges pour avoir pu terminer, plutôt qu’une demande.
- À voix basse et dans l’intimité : une invocation discrète est plus accomplie ; Allah a loué celui qui appelait son Seigneur d’un appel secret.
- Un lien avec les actes : celui qui achève le Coran sans changement dans son comportement ou ses œuvres en manque le plus grand objectif. Fixez ensuite une petite portion quotidienne bien définie.
- Un nouveau départ : écrivez votre programme de la prochaine lecture complète le jour où vous terminez ; répartissez le Coran sur les jours dont vous disposez avec le planificateur de lecture complète, et la rubrique Coran enregistre automatiquement votre position de lecture.
- Un rappel qui se poursuit : faites suivre l’achèvement de formules de rappel référencées et classées par moment sur la page des adhkar.
Les erreurs courantes
- Attribuer le texte au Prophète : l’erreur la plus courante, expliquée plus haut.
- Imposer une seule formule : l’invocation est libre ; contester la formulation d’autrui restreint ce que la religion a laissé large.
- L’excès dans les formulations : rechercher à tout prix les rimes et la longueur jusqu’à faire de l’invocation une démonstration d’éloquence, alors qu’il est demandé d’exprimer son besoin, non de composer un texte.
- Réduire l’achèvement à un objectif chiffré : se hâter d’atteindre un nombre de lectures avant la fin du mois produit une récitation sans méditation, alors que la méditation vaut mieux que la quantité.
- Délaisser ensuite le Coran : le plus pauvre achèvement est celui qui devient la dernière rencontre avec le Coran.
Questions fréquentes
Une invocation particulière pour achever le Coran est-elle rapportée du Prophète ?
Aucune formulation particulière n’est authentiquement établie du Prophète pour l’achèvement du Coran. Invoquer alors relève de la recommandation générale d’invoquer, et le texte largement diffusé « Ô Allah, fais-moi miséricorde par le Coran » est une belle invocation connue par les recueils d’invocations, non un récit prophétique authentique.
Quel est le statut de l’invocation d’achèvement pendant la prière nocturne du Ramadan ?
Les savants divergent : certains l’ont jugée bonne en se fondant sur la pratique des premières générations ; d’autres ont considéré que lui réserver une place dans la prière n’avait pas de fondement. Le désaccord laisse une grande latitude : il ne faut donc critiquer ni celui qui la pratique ni celui qui la délaisse, et elle ne doit jamais devenir une cause de conflit dans une mosquée.
Puis-je invoquer avec une autre formulation que le texte répandu ?
Oui, et c’est préférable. Invoquez avec vos propres mots pour demander tout le bien que vous souhaitez, ou choisissez une invocation coranique telle que « Notre Seigneur, accepte de nous » et « Notre Seigneur, ne laisse pas dévier nos cœurs ». Terminer le Coran par le Coran est le choix le plus complet et le plus sûr quant à l’attribution.
Faut-il commencer une nouvelle lecture complète immédiatement après avoir terminé ?
Beaucoup de lecteurs récitent Al-Fatiha et le début d’Al-Baqara après avoir terminé, reliant la fin du Coran à son commencement. C’est une bonne habitude, plutôt qu’une Sunna obligatoire. L’essentiel, en pratique, est de fixer le programme de la prochaine lecture le jour même ; la rubrique Coran enregistre automatiquement votre position pour que vous ne perdiez jamais votre passage.
Où lire tout le Coran en graphie othmanienne avec récitation ?
La rubrique Coran présente les sourates complètes en graphie othmanienne avec récitation verset par verset et sauvegarde de la position de lecture. La page que vous lisez ici est consacrée uniquement aux textes des invocations et à leur statut.
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Sources des données
- Encyclopédie koweïtienne du fiqh, entrée sur l’achèvement du Coran et son invocation
- Ibn Taymiyya, Majmou’ al-Fatawa, sur l’invocation à l’achèvement du Coran
- An-Nawawi, Al-Adhkar, chapitre des paroles à prononcer à l’achèvement du Coran
- Ibn Kathir, Fada’il al-Qour’an
- Sahih de Mouslim, invocation à la fin d’Al-Baqara
- Sounan de Tirmidhi, sur les situations où l’invocation est exaucée
Dernière mise à jour: 29 octobre 2026


