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Récits

Les Gens du Fossé

L'histoire d'une foi que le feu ne peut brûler, évoquée dans la sourate Al-Buruj et détaillée dans le hadith du garçon, du sorcier et du roi : un tyran qui creusa des fossés et alluma des feux, un jeune garçon qui tint ferme, et un peuple qui choisit la vérité plutôt que la vie. Six chapitres avec versets, leçons et quiz interactif.

Les Gens du Fossé

La voix de narration du récit est générée par machine. Le texte est écrit et relu par des humains, et les versets du Coran sont récités par un récitateur vérifié.

  1. Chapitre 1

    Les constellations et le Jour promis

    سماء ليلية عظيمة بالنجوم وهلال منخفض فوق أسوار حصينة مظلمة بلوحة زيتية سينمائية

    La sourate Al-Buruj s’ouvre sur un serment qui élève le regard vers le ciel :

    Surah Al-Buruj 85:1-3

    Verified recitation

    Open surah
    وَٱلسَّمَآءِ ذَاتِ ٱلْبُرُوجِ وَٱلْيَوْمِ ٱلْمَوْعُودِ وَشَاهِدٍۢ وَمَشْهُودٍۢ

    Le commentaire rapproche le ciel et le Jour promis de l’injustice racontée ensuite : les victimes n’ont pas trouvé réparation ici-bas, mais la justice ne se limite pas à ce monde.

    La condamnation précède les détails :

    Surah Al-Buruj 85:4-5

    Verified recitation

    Open surah
    قُتِلَ أَصْحَٰبُ ٱلْأُخْدُودِ ٱلنَّارِ ذَاتِ ٱلْوَقُودِ

    Le fossé désigne une tranchée creusée dans la terre. Le récit concerne ceux qui y allumèrent le feu pour persécuter les croyants.

    Le Coran ne donne ici ni noms, ni date, ni pays. Le commentaire voit dans cette sobriété une portée qui dépasse un événement isolé : la persécution de la foi par la force n’est pas nouvelle. Il ne s’agit pas d’affirmer que toute foi rencontre nécessairement cette même forme d’épreuve.

    Pour découvrir le passage dans son contexte, lisez la sourate Al-Buruj, une courte sourate.

    Leçons

    • Le Jour promis rappelle que la justice ne se limite pas à la vie présente.
    • L’absence de noms et de dates permet de réfléchir au-delà d’un événement isolé.
    • La persécution de la foi par la force n’est pas nouvelle.
  2. Chapitre 2

    Le roi, le sorcier et le garçon

    قاعة عرش خالية بعرش مذهب على مصطبة حجرية وضوء أزرق بارد من نوافذ عالية وظلال طويلة

    Le texte source rapproche cet épisode du long hadith rapporté par Mouslim. Le Prophète, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui, y raconte qu’un roi possédait un sorcier. Devenu âgé, celui-ci demanda qu’on lui envoie un garçon pour lui transmettre la sorcellerie.

    Le commentaire présente ce début comme un système où le pouvoir et la tromperie se soutiennent. Il lit la prétention du roi à dominer les consciences à la lumière de la suite du récit ; ce n’est pas une phrase supplémentaire tirée du début du hadith.

    Dans cette lecture, la menace contre le système n’est pas d’abord une armée, mais un garçon qui découvre la vérité. Le commentaire suggère que la remise en cause d’une croyance imposée peut ébranler un pouvoir.

    Le choix d’un jeune élève attire aussi l’attention sur la transmission des convictions dès l’enfance. Le sorcier cherchait à préparer un successeur.

    Cette introduction aide à comprendre l’hostilité du roi envers le garçon : le récit ne concerne pas seulement une divergence, mais une autorité qui refuse d’être remise en cause.

    Leçons

    • Le commentaire montre comment le pouvoir peut chercher une justification trompeuse.
    • L’apprentissage des plus jeunes a une portée durable.
    • Une question sincère peut remettre en cause une autorité injuste.
  3. Chapitre 3

    Le garçon et le moine

    غرفة حجرية بسيطة عند الفجر بمخطوط مفتوح على طاولة خشبية وجرة فخارية وشعاع ذهبي من نافذة ضيقة

    Sur le chemin du sorcier, le garçon passa près d’un moine, s’assit auprès de lui et apprécia ce qu’il entendait. Il prit l’habitude de s’arrêter pour l’écouter.

    Le commentaire souligne la modestie de cette rencontre : un homme pieux et un jeune qui écoute, plutôt qu’une prédication publique. Une transmission sincère peut ainsi commencer dans des circonstances restreintes.

    Le texte source ajoute que le garçon apprit auprès du moine à connaître Dieu et à L’invoquer. Cette précision pédagogique ne doit pas être présentée comme une citation du hadith sans référence. Le récit rapporte ensuite que, par la permission de Dieu, le garçon guérissait des aveugles de naissance, des personnes atteintes de lèpre et d’autres malades. Le garçon rappelait qu’il ne guérissait pas lui-même : c’était Dieu qui guérissait.

    Le commentaire oppose l’attribution d’un pouvoir à soi-même à la reconnaissance du Donateur. Le garçon ne cherchait pas à prendre la place de Dieu ; il indiquait l’origine de la guérison. Le pouvoir du roi se trouvait ainsi remis en cause dans les consciences.

    Le récit montre un homme retrouvant la vue et une ouverture spirituelle dépassant le seul bénéfice physique. Pour approfondir la reconnaissance envers Dieu, consultez les invocations et les rappels.

    Leçons

    • Une transmission sincère peut commencer par une rencontre modeste.
    • Le garçon attribue la guérison à Dieu, non à lui-même.
    • Reconnaître le Donateur protège de la glorification de soi.
  4. Chapitre 4

    La montagne et la mer

    جرف بحري عالٍ وقارب خشبي صغير خالٍ على ماء مضطرب مع شعاع ذهبي يشق السحب

    Le roi apprit les événements et fit tuer le moine, puis son compagnon de cour qui avait retrouvé la vue. Il fit ensuite conduire le garçon au sommet d’une montagne pour qu’il soit précipité s’il ne renonçait pas à sa religion.

    Le garçon demanda à Dieu de le protéger d’eux de la manière qu’Il voudrait. La montagne trembla et les hommes tombèrent. Le garçon revint auprès du roi.

    Une nouvelle tentative devait le faire périr en mer. Il prononça la même invocation ; le bateau chavira et les hommes se noyèrent. Le garçon revint encore.

    Le commentaire précise que cette délivrance ne garantit pas à tout croyant d’échapper à la mort : le moine avait été tué et le garçon allait lui-même mourir. L’épisode rappelle plutôt les limites du pouvoir du tyran devant Dieu.

    L’invocation ne dicte pas une manière précise de vaincre l’ennemi. Elle demande la protection et confie les moyens à Dieu. Le commentaire y voit une expression profonde de la confiance en Lui.

    La rubrique des invocations permet de retrouver des formules de protection et de confiance.

    Leçons

    • Les événements ne sont pas indépendants du décret de Dieu.
    • Demander Sa protection peut s’accompagner de Lui en confier les moyens.
    • La délivrance dans ce monde n’est pas une promesse générale faite à chaque croyant.
  5. Chapitre 5

    La mort du garçon et le fossé

    أخدود طويل محفور في أرض صحراوية صخرية بجمر متوهج ودخان كثيف يصعد في سماء مظلمة

    Le garçon expliqua au roi qu’il ne pourrait le tuer qu’en suivant ses indications : rassembler les gens, l’attacher à un tronc, prendre une flèche de son carquois et la tirer en invoquant Dieu comme Seigneur du garçon.

    Le roi le fit. La flèche atteignit le garçon à la tempe et il mourut. Les gens proclamèrent alors leur foi au Seigneur du garçon. Le commentaire voit dans son choix le souci de faire reconnaître Dieu à son peuple.

    Le texte source attribue ensuite au roi une réaction de crainte devant ce qui s’était produit. Cette formulation ne doit pas être prise comme une citation vérifiée : dans le récit du hadith, la mise en garde lui est adressée après la conversion des gens. Le roi ordonna de creuser des fossés, d’y allumer le feu et d’y jeter ceux qui refuseraient de renoncer à leur religion.

    Le hadith évoque une femme avec son enfant, qui hésitait devant le feu. L’enfant l’encouragea à patienter, car elle se tenait dans la vérité. Le texte source décrit ensuite son entrée dans le feu ; cette suite ne doit pas être confondue avec les seules paroles citées de l’enfant.

    Le passage coranique éclaire le motif de la persécution :

    Surah Al-Buruj 85:8

    Verified recitation

    Open surah
    وَمَا نَقَمُوا۟ مِنْهُمْ إِلَّآ أَن يُؤْمِنُوا۟ بِٱللَّهِ ٱلْعَزِيزِ ٱلْحَمِيدِ

    Le commentaire souligne que la violence ne pouvait changer la conviction des croyants. Ce récit n’est pas une invitation à rechercher la mort, mais une narration d’une persécution et de la fidélité à la foi.

    Leçons

    • La foi était le motif de la persécution décrite.
    • La contrainte ne décide pas des convictions intérieures.
    • Le récit met en lumière le souci du garçon pour la guidance de son peuple.
  6. Chapitre 6

    La fidélité plus durable que le feu

    فجر ذهبي على أخدود بارد خالٍ من النار مع رمال وبراعم خضراء صغيرة تنبت في الأرض المتشققة

    En apparence, le roi avait obtenu ce qu’il voulait : le garçon et les croyants avaient été tués. Mais le Coran présente une autre mesure de la réussite :

    Surah Al-Buruj 85:11

    Verified recitation

    Open surah
    إِنَّ ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ وَعَمِلُوا۟ ٱلصَّٰلِحَٰتِ لَهُمْ جَنَّٰتٌۭ تَجْرِى مِن تَحْتِهَا ٱلْأَنْهَٰرُ ۚ ذَٰلِكَ ٱلْفَوْزُ ٱلْكَبِيرُ

    Le passage rappelle aussi la force de la prise de Dieu :

    Surah Al-Buruj 85:12

    Verified recitation

    Open surah
    إِنَّ بَطْشَ رَبِّكَ لَشَدِيدٌ

    Puis il évoque Son pardon et Son amour :

    Surah Al-Buruj 85:14

    Verified recitation

    Open surah
    وَهُوَ ٱلْغَفُورُ ٱلْوَدُودُ

    Le commentaire y voit l’ouverture du retour à Dieu, sans limiter l’histoire à la puissance de l’oppresseur.

    Le Coran ne donne pas le nom du roi. Le souvenir du garçon et des croyants demeure dans la transmission de ce récit. Le commentaire oppose ainsi l’autorité passagère à la fidélité dont on continue de se souvenir, sans prétendre établir que toute mémoire historique du roi a disparu.

    Les enseignements proposés concernent la vie quotidienne :

    • La fidélité à la vérité ne se mesure pas au seul fait d’échapper à la mort.
    • Attribuer les bienfaits à Dieu, comme le garçon attribuait la guérison à Dieu.
    • Transmettre la foi en l’unicité divine aux enfants dès leurs premières années.
    • Ne pas réduire la justice à ce qu’un pouvoir peut imposer dans le présent.
    • Joindre la patience à la conviction, sans transformer ce récit en invitation à chercher une épreuve.

    Vous pouvez lire la sourate Al-Buruj, écouter les récitations, consulter les invocations et découvrir les récits des gens de l’Éléphant, de Harout et Marout et de Talout et Jalout.

    Questions fréquentes

    Qui sont les gens du fossé ?

    L’expression du passage renvoie aux responsables du fossé et du feu où les croyants furent persécutés. Il faut distinguer les persécuteurs des victimes croyantes. Le texte source rapproche leur épreuve de l’histoire du garçon et du roi rapportée dans la tradition prophétique.

    Que désigne le fossé ?

    Une tranchée creusée dans la terre. Le récit détaillé décrit plusieurs fossés où le feu fut allumé.

    Dans quelle sourate cet épisode apparaît-il ?

    Au début d’Al-Buruj. Le récit détaillé du garçon et du roi figure dans le hadith cité par le texte source ; les noms, la date et le pays ne sont pas donnés dans le passage coranique.

    Leçons

    • La réussite promise aux croyants dépasse l’issue matérielle de l’épreuve.
    • La fidélité ne se mesure pas au seul fait de rester vivant.
    • Le rappel du pardon de Dieu invite au repentir.

Quiz interactif

Répondez aux questions ci-dessous, puis vérifiez vos réponses. Aucun compte nécessaire.

  1. 1. Dans quelle sourate les gens du Fossé sont-ils mentionnés ?

  2. 2. Que signifie le mot « al-oukhdoud » ?

  3. 3. Qu’a répondu le jeune garçon à celui qui lui demandait de le guérir ?

  4. 4. Quelle invocation le jeune garçon a-t-il prononcée sur la montagne et dans le navire ?

  5. 5. Selon la sourate, quel crime les tyrans reprochaient-ils aux croyants ?

  6. 6. Qu’affirme la sourate sur le sort final des croyants qui ont été brûlés ?

Les illustrations sont les nôtres, libres de droits, et ne représentent aucune figure religieuse identifiée.

Histoires associées

Sources des données

  • The Quran: Surah Al-Buruj 1-11
  • Sahih Muslim, Book of Asceticism: the hadith of the boy, the sorcerer and the king
  • Tafsir al-Tabari, Jami al-Bayan
  • Tafsir Ibn Kathir
  • Tafsir al-Sadi, Taysir al-Karim al-Rahman