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Récits

Harut et Marut

L'histoire des deux anges Harut et Marut à Babylone, telle que la raconte un seul verset de la sourate Al-Baqarah : une épreuve annoncée avant d'être enseignée, une magie qui ne nuit qu'avec la permission de Dieu, et un marché dans lequel les acheteurs se perdirent eux-mêmes. Six chapitres avec versets, leçons et quiz interactif.

Harut et Marut

La voix de narration du récit est générée par machine. Le texte est écrit et relu par des humains, et les versets du Coran sont récités par un récitateur vérifié.

  1. Chapitre 1

    Une accusation contre Soulayman

    رواق قصر حجري قديم تحت ضوء القمر مع ظلال ممتدة على البلاط

    Le récit commence par une accusation plutôt que par un lieu. Certains attribuaient la royauté de Soulayman, Salomon, que la paix soit sur lui, à la magie. Le texte source décrit une rumeur reliant ses pouvoirs sur le vent, les djinns et le langage des oiseaux à un savoir de sorcellerie.

    Le Coran rejette l’accusation :

    Surah Al-Baqarah 2:102

    Verified recitation

    Open surah
    وَٱتَّبَعُوا۟ مَا تَتْلُوا۟ ٱلشَّيَٰطِينُ عَلَىٰ مُلْكِ سُلَيْمَٰنَ ۖ وَمَا كَفَرَ سُلَيْمَٰنُ وَلَٰكِنَّ ٱلشَّيَٰطِينَ كَفَرُوا۟ يُعَلِّمُونَ ٱلنَّاسَ ٱلسِّحْرَ وَمَآ أُنزِلَ عَلَى ٱلْمَلَكَيْنِ بِبَابِلَ هَٰرُوتَ وَمَٰرُوتَ ۚ وَمَا يُعَلِّمَانِ مِنْ أَحَدٍ حَتَّىٰ يَقُولَآ إِنَّمَا نَحْنُ فِتْنَةٌۭ فَلَا تَكْفُرْ ۖ فَيَتَعَلَّمُونَ مِنْهُمَا مَا يُفَرِّقُونَ بِهِۦ بَيْنَ ٱلْمَرْءِ وَزَوْجِهِۦ ۚ وَمَا هُم بِضَآرِّينَ بِهِۦ مِنْ أَحَدٍ إِلَّا بِإِذْنِ ٱللَّهِ ۚ وَيَتَعَلَّمُونَ مَا يَضُرُّهُمْ وَلَا يَنفَعُهُمْ ۚ وَلَقَدْ عَلِمُوا۟ لَمَنِ ٱشْتَرَىٰهُ مَا لَهُۥ فِى ٱلْـَٔاخِرَةِ مِنْ خَلَٰقٍۢ ۚ وَلَبِئْسَ مَا شَرَوْا۟ بِهِۦٓ أَنفُسَهُمْ ۚ لَوْ كَانُوا۟ يَعْلَمُونَ

    Soulayman n’est pas l’auteur de cette mécréance. Le passage la rapporte aux démons qui enseignaient la magie. Le commentaire dénonce ainsi l’utilisation du nom d’un prophète pour donner une apparence respectable à une pratique condamnée.

    La réflexion proposée est celle du faux qui cherche la caution du vrai. Une accusation ne devient pas fondée parce qu’elle est répétée, et un nom honorable ne suffit pas à rendre juste ce qu’on lui attribue.

    Leçons

    • Les prophètes ne doivent pas être rendus responsables de faussetés qui leur sont attribuées.
    • Une pratique trompeuse peut se dissimuler derrière un nom respecté.
    • La répétition d’une accusation ne constitue pas une preuve.
  2. Chapitre 2

    Babylone et les deux anges

    مدينة بابل القديمة بزقورتها الطينية على ضفة نهر عند غروب عاصف

    Le verset mentionne ensuite Babylone et Harout et Marout. Le texte source situe Babylone en Irak et évoque une grande cité de savoir et de constructions, également associée à la divination, à l’astrologie et à la magie. Cette description historique doit être distinguée des seules précisions du verset.

    L’épreuve y est accompagnée d’un avertissement explicite. Les deux ne transmettaient rien à quelqu’un sans lui rappeler d’abord qu’ils étaient une épreuve et sans le mettre en garde contre la mécréance.

    Le commentaire mentionne des divergences d’interprétation sur leur identité, tout en retenant la lecture de deux anges. Il écarte les récits populaires qui leur attribuent de grands péchés et l’histoire de Zouhra, estimant qu’il s’agit de narrations non établies. Il rappelle que ces ajouts ne sont pas nécessaires pour comprendre l’avertissement coranique. Aucun de ces épisodes supplémentaires ne doit être raconté ici comme un fait vérifié.

    Leçons

    • S’en tenir à ce qui est établi sans reprendre des récits dépourvus de preuve.
    • Une civilisation savante peut aussi connaître des croyances trompeuses.
    • Les détails non nécessaires ne doivent pas remplacer la leçon du passage.
  3. Chapitre 3

    Un avertissement avant l’épreuve

    عمودان من الضوء ينزلان من سماء عاصفة على أسطح مدينة قديمة

    Le verset place l’avertissement avant l’enseignement : Harout et Marout rappelaient qu’ils étaient une épreuve et mettaient en garde contre la mécréance. Le commentaire insiste sur la clarté de cette mise en garde.

    Il oppose cette franchise aux procédés trompeurs de ceux qui présentent la sorcellerie comme un soin, la tromperie comme une spiritualité ou la divination comme un conseil. Le vocabulaire séduisant ne change pas la nature d’une pratique. Il ne s’agit pas d’une nouvelle citation attribuée aux deux anges, mais d’une comparaison proposée par le commentaire.

    Certains choisirent néanmoins d’apprendre. Le récit montre ainsi une épreuve dont le danger a été annoncé : l’avertissement précède le choix. Le commentaire y voit une responsabilité accrue de celui qui agit en connaissance de cause.

    Les êtres humains peuvent être éprouvés par ce qu’ils désirent comme par ce qu’ils redoutent. La réflexion invite à ne pas suivre toute curiosité au détriment d’un avertissement clairement compris.

    Leçons

    • Une mise en garde claire permet de connaître le danger avant d’agir.
    • La curiosité peut devenir dangereuse lorsqu’elle fait ignorer un avertissement.
    • Un avertissement honnête vaut mieux qu’une présentation séduisante du faux.
  4. Chapitre 4

    La séparation entre les époux

    غرفة حجرية معتمة فيها مصباحان زيتيان متباعدان وأحدهما منطفئ

    Le verset mentionne la séparation d’un homme et de son épouse parmi les effets de ce qu’ils apprenaient. Le commentaire s’arrête sur le choix d’un foyer, plutôt que d’une ville ou d’un royaume, pour montrer la gravité du dommage.

    Le foyer est un lieu de tranquillité, d’affection et de miséricorde. Sa rupture peut affecter les enfants, les proches et l’entourage. C’est une réflexion sur les conséquences de la séparation, non l’affirmation que toute difficulté familiale provient de la magie.

    Le passage précise que nul dommage ne survient indépendamment de la permission de Dieu. Le commentaire rappelle donc que ni le praticien ni la pratique ne disposent d’un pouvoir autonome qui échapperait à Dieu.

    Il met en garde contre une vie dominée par la peur, dans laquelle chaque difficulté serait interprétée comme de la sorcellerie ou de l’envie. Un autre passage évoque l’échec du magicien :

    Surah Taha 20:69

    Verified recitation

    Open surah
    وَأَلْقِ مَا فِى يَمِينِكَ تَلْقَفْ مَا صَنَعُوٓا۟ ۖ إِنَّمَا صَنَعُوا۟ كَيْدُ سَٰحِرٍۢ ۖ وَلَا يُفْلِحُ ٱلسَّاحِرُ حَيْثُ أَتَىٰ

    Cette réflexion ne remplace pas l’examen des causes ordinaires d’une difficulté.

    Leçons

    • Le commentaire souligne l’importance de préserver le foyer.
    • Aucun pouvoir de nuire n’est indépendant de Dieu.
    • Attribuer chaque difficulté à la magie nourrit une peur injustifiée.
  5. Chapitre 5

    Une connaissance qui nuit à celui qui l’acquiert

    ميزان برونزي قديم على حجر، كفة مملوءة برماد يتطاير وأخرى فارغة

    La fin du verset examine ce qu’ils ont acquis : un savoir qui leur nuit et ne leur profite pas. Elle rappelle qu’ils savaient que celui qui l’achetait n’aurait pas de part dans l’au-delà et souligne le mauvais prix pour lequel ils se vendaient eux-mêmes.

    Le commentaire distingue quatre éléments : le caractère nuisible et sans bénéfice de ce savoir, le fait qu’ils en avaient conscience, l’absence de part dans l’au-delà et la perte de soi dans cette transaction. L’enjeu dépasse donc un simple coût financier.

    Ce qui ressemble à un avantage terrestre peut constituer une perte profonde. Le commentaire explique la tension entre le fait de savoir et l’appel final à comprendre : disposer d’une information n’équivaut pas à en tirer profit dans sa conduite. Une connaissance ignorée dans les actes peut devenir un argument contre celui qui la possède.

    Il rapproche cette réflexion de ceux qui se tournent vers des charlatans tout en sachant que cette démarche est interdite. Le savoir ne protège pas automatiquement si l’on refuse d’en tenir compte.

    Leçons

    • La perte de soi est plus grave qu’une perte d’argent.
    • Une connaissance que l’on refuse de mettre en pratique peut aggraver la responsabilité.
    • Un gain terrestre ne compense pas la perte de l’au-delà.
  6. Chapitre 6

    Se préserver sans céder à la peur

    ضوء الفجر يدخل من نافذة مقوسة منقوشة إلى محراب مسجد هادئ

    Après l’avertissement, le texte propose des moyens spirituels de protection accessibles, sans pratique obscure ni paiement exigé.

    Il commence par la foi en l’unicité de Dieu et la confiance en Lui. Il recommande les rappels du matin et du soir, Ayat Al-Koursi avant le sommeil, les sourates Al-Ikhlas, Al-Falaq et An-Nas trois fois le matin et le soir, ainsi que la lecture d’Al-Baqara dans la maison. Le texte source rattache cette dernière pratique à la fuite du diable hors de la maison où elle est récitée.

    Il recommande aussi d’éviter les devins, les astrologues, les pratiques de lecture des mains ou du destin et les personnes qui réclament le nom de la mère ou des vêtements pour des procédés occultes. Il rappelle l’avertissement prophétique contre la magie, comptée parmi les sept fautes destructrices, et contre la consultation des devins.

    En cas de difficulté, le texte associe les invocations, la demande de pardon et la rouqya fondée sur le Coran à la consultation médicale lorsqu’il s’agit d’une maladie. Les pratiques spirituelles ne doivent pas remplacer les soins ni conduire à attribuer tout problème à la magie. Le commentaire rappelle qu’on ne doit pas chercher à traiter la sorcellerie par une autre sorcellerie.

    Vous trouverez les invocations et les rappels, la sourate Al-Baqara et les récitations sur la plateforme.

    Questions fréquentes

    Qui sont Harout et Marout ?

    Ils sont mentionnés à Babylone dans la sourate Al-Baqara. La lecture retenue dans ce récit les identifie comme deux anges. Ils avertissaient les personnes avant de leur transmettre quoi que ce soit.

    Quelle est la place de l’avertissement dans ce passage ?

    L’enseignement n’y est pas présenté comme un encouragement. Il s’inscrit dans une épreuve accompagnée d’une mise en garde contre la mécréance.

    Quel jugement le commentaire rappelle-t-il sur la magie ?

    Il rappelle son interdiction et la gravité de l’apprentissage ou de l’enseignement destinés à sa pratique. Le passage associe cette pratique à la mécréance et précise que le dommage ne peut survenir indépendamment de la permission de Dieu. Ce récit ne doit pas servir à porter un jugement sur une personne déterminée sans les connaissances requises.

    Leçons

    • La foi et les rappels quotidiens accompagnent la confiance en Dieu.
    • Éviter les devins et les procédés occultes constitue une précaution préalable.
    • Les pratiques spirituelles ne remplacent pas les soins médicaux ; la magie ne se traite pas par la magie.

Quiz interactif

Répondez aux questions ci-dessous, puis vérifiez vos réponses. Aucun compte nécessaire.

  1. 1. Quelle affirmation le verset réfute-t-il au sujet de Souleymane, paix sur lui ?

  2. 2. Où l’épreuve de Harout et Marout a-t-elle eu lieu ?

  3. 3. Que disaient les deux anges avant d’enseigner à qui que ce soit ?

  4. 4. Quelle limite le verset fixe-t-il au mal causé par la sorcellerie ?

  5. 5. Selon le verset, quel prix ceux qui ont appris la sorcellerie ont-ils payé ?

  6. 6. Quelle est la meilleure protection du musulman contre ce mal ?

Les illustrations sont les nôtres, libres de droits, et ne représentent aucune figure religieuse identifiée.

Histoires associées

Sources des données

  • The Quran: Surah Al-Baqarah 102, Surah Taha 69, Surah Al-Falaq and An-Nas
  • Tafsir al-Tabari, Jami al-Bayan
  • Tafsir Ibn Kathir
  • Tafsir al-Sadi, Taysir al-Karim al-Rahman
  • Sahih al-Bukhari and Sahih Muslim: the chapters on magic and the hadith of the seven destructive sins