Récits
Sulayman et la reine de Saba
Le récit coranique du prophète Sulayman (Salomon) et de la reine de Saba : un royaume sans pareil, la langue des oiseaux, la vallée des fourmis, le rapport de la huppe sur un peuple qui se prosternait devant le soleil, la lettre qui porta le nom de Dieu jusqu'à Saba, le cadeau qui fut refusé, le trône qui arriva en un clin d'œil, et le palais au sol de verre où la reine dit : mon Seigneur, j'ai été injuste envers moi-même.

La voix de narration du récit est générée par machine. Le texte est écrit et relu par des humains, et les versets du Coran sont récités par un récitateur vérifié.
Chapitre 1
Un royaume au service de Dieu

Soulayman, connu en français sous le nom de Salomon, que la paix soit sur lui, succéda à son père Dawoud, David, dans la prophétie et la royauté. Ce double héritage est exceptionnel. Pourtant, lorsque le Coran évoque les dons accordés au père et au fils, il ne commence ni par leurs trésors ni par leurs armées. Il met en avant la connaissance et leur reconnaissance envers Dieu :
Open surahSurah An-Naml 27:15
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وَلَقَدْ ءَاتَيْنَا دَاوُۥدَ وَسُلَيْمَٰنَ عِلْمًۭا ۖ وَقَالَا ٱلْحَمْدُ لِلَّهِ ٱلَّذِى فَضَّلَنَا عَلَىٰ كَثِيرٍۢ مِّنْ عِبَادِهِ ٱلْمُؤْمِنِينَ
Cet ordre donne sa profondeur au récit : le savoir est un bienfait, et la première réponse à ce bienfait est la louange. La royauté de Soulayman se comprend dans cette perspective. Lorsqu’il demanda à son Seigneur un royaume qui ne conviendrait à personne après lui, il s’adressait à Lui en prophète, non en homme désireux de dominer pour sa seule gloire. Son autorité devait servir la vérité, et non nourrir l’orgueil.
Le vent lui fut soumis par la volonté de Dieu :
Open surahSurah Al-Anbya 21:81
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وَلِسُلَيْمَٰنَ ٱلرِّيحَ عَاصِفَةًۭ تَجْرِى بِأَمْرِهِۦٓ إِلَى ٱلْأَرْضِ ٱلَّتِى بَٰرَكْنَا فِيهَا ۚ وَكُنَّا بِكُلِّ شَىْءٍ عَٰلِمِينَ
Les djinns accomplissaient pour lui des travaux de construction et de plongée. Dieu lui avait aussi accordé une source de cuivre fondu. Ses troupes, composées de djinns, d’êtres humains et d’oiseaux, étaient rassemblées et maintenues en ordre. Ces pouvoirs extraordinaires n’étaient pas des capacités indépendantes de leur Créateur : ils faisaient partie des dons dont Soulayman devait répondre.
C’est dans ce cadre que commence l’histoire de Saba. La rencontre avec ce peuple ne se réduit pas à celle de deux souverains. Elle met en présence une civilisation prospère, qui adorait le soleil, et un prophète qui appelait à adorer Dieu seul. Pour lire les événements dans leur contexte coranique, retrouvez la sourate An-Naml.
Leçons
- La connaissance figure parmi les bienfaits qui appellent la reconnaissance envers Dieu.
- La gratitude accompagne le don dès son commencement.
- La valeur d’une puissance se mesure aussi à la cause qu’elle sert.
Chapitre 2
Le langage des oiseaux et la vallée des fourmis

Soulayman ne cacha pas les dons qu’il avait reçus. Il les fit connaître à son peuple en rappelant leur origine :
Open surahSurah An-Naml 27:16
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وَوَرِثَ سُلَيْمَٰنُ دَاوُۥدَ ۖ وَقَالَ يَٰٓأَيُّهَا ٱلنَّاسُ عُلِّمْنَا مَنطِقَ ٱلطَّيْرِ وَأُوتِينَا مِن كُلِّ شَىْءٍ ۖ إِنَّ هَٰذَا لَهُوَ ٱلْفَضْلُ ٱلْمُبِينُ
Il parlait en bénéficiaire d’un enseignement et d’un don, non en homme qui aurait tout obtenu par lui-même. Dans sa manière de présenter ses capacités, la reconnaissance du Donateur restait première.
Un épisode révèle ensuite comment cette autorité s’exerçait. Les troupes de djinns, d’êtres humains et d’oiseaux arrivèrent dans la vallée des fourmis. Une fourmi avertit les autres du danger :
Open surahSurah An-Naml 27:18
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حَتَّىٰٓ إِذَآ أَتَوْا۟ عَلَىٰ وَادِ ٱلنَّمْلِ قَالَتْ نَمْلَةٌۭ يَٰٓأَيُّهَا ٱلنَّمْلُ ٱدْخُلُوا۟ مَسَٰكِنَكُمْ لَا يَحْطِمَنَّكُمْ سُلَيْمَٰنُ وَجُنُودُهُۥ وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ
La précision finale de son avertissement est importante : elle craignait que Soulayman et ses soldats ne les écrasent sans s’en rendre compte. Elle ne leur attribuait donc pas l’intention de leur nuire. Le récit attire ainsi l’attention sur des créatures minuscules, qu’une grande armée aurait pu ne pas remarquer.
Soulayman comprit ses paroles. Il sourit, puis se tourna vers Dieu dans une invocation :
Open surahSurah An-Naml 27:19
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فَتَبَسَّمَ ضَاحِكًۭا مِّن قَوْلِهَا وَقَالَ رَبِّ أَوْزِعْنِىٓ أَنْ أَشْكُرَ نِعْمَتَكَ ٱلَّتِىٓ أَنْعَمْتَ عَلَىَّ وَعَلَىٰ وَٰلِدَىَّ وَأَنْ أَعْمَلَ صَٰلِحًۭا تَرْضَىٰهُ وَأَدْخِلْنِى بِرَحْمَتِكَ فِى عِبَادِكَ ٱلصَّٰلِحِينَ
Sa réaction ne fut pas de se glorifier d’un pouvoir inaccessible aux autres. Il demanda de savoir remercier Dieu pour les bienfaits reçus par lui et par ses parents, d’accomplir des œuvres agréées et d’être admis, par miséricorde, parmi les serviteurs vertueux.
Cette dernière demande éclaire toute la scène. Le détenteur d’un vaste royaume ne plaça pas au sommet de ses aspirations la célébrité ou la domination. Il demanda de rejoindre les justes. L’autorité et l’humilité ne s’opposaient pas chez lui : la conscience de dépendre de Dieu donnait sa juste mesure à sa puissance.
Leçons
- Reconnaître un bienfait, c’est en rappeler l’origine plutôt que s’en vanter.
- La sollicitude envers les plus petites créatures éclaire l’exercice de l’autorité.
- Même le puissant a besoin de la miséricorde de Dieu pour rejoindre les vertueux.
Chapitre 3
La huppe rapporte une nouvelle inattendue

Soulayman veillait lui-même à l’ordre de ses troupes. Lors d’une inspection des oiseaux, il remarqua l’absence de la huppe :
Open surahSurah An-Naml 27:20
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وَتَفَقَّدَ ٱلطَّيْرَ فَقَالَ مَا لِىَ لَآ أَرَى ٱلْهُدْهُدَ أَمْ كَانَ مِنَ ٱلْغَآئِبِينَ
Il annonça qu’il lui infligerait un châtiment sévère, voire la mort, à moins qu’elle n’apporte une justification claire. Le passage associe l’exigence de discipline à la possibilité de présenter une preuve. L’absence ne devait pas être ignorée, mais une explication fondée pouvait être entendue.
La huppe ne tarda pas à revenir. Elle apportait une nouvelle que Soulayman ne connaissait pas :
Open surahSurah An-Naml 27:22
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فَمَكَثَ غَيْرَ بَعِيدٍۢ فَقَالَ أَحَطتُ بِمَا لَمْ تُحِطْ بِهِۦ وَجِئْتُكَ مِن سَبَإٍۭ بِنَبَإٍۢ يَقِينٍ
Un petit oiseau s’adressait ainsi au prophète et souverain : il avait appris quelque chose qui lui avait échappé. Soulayman entendit son rapport. Le récit montre qu’une information ne perd pas sa valeur parce qu’elle vient d’un être de faible apparence. La huppe poursuivit :
Open surahSurah An-Naml 27:23
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إِنِّى وَجَدتُّ ٱمْرَأَةًۭ تَمْلِكُهُمْ وَأُوتِيَتْ مِن كُلِّ شَىْءٍۢ وَلَهَا عَرْشٌ عَظِيمٌۭ
Saba se trouvait au sud de la péninsule Arabique, dans une région connue pour ses aménagements hydrauliques et ses échanges commerciaux. Le Coran décrit ici une reine dotée de nombreux biens et d’un trône imposant. Mais le cœur du problème signalé par la huppe ne concernait ni la richesse du royaume ni la majesté de son pouvoir :
Open surahSurah An-Naml 27:24
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وَجَدتُّهَا وَقَوْمَهَا يَسْجُدُونَ لِلشَّمْسِ مِن دُونِ ٱللَّهِ وَزَيَّنَ لَهُمُ ٱلشَّيْطَٰنُ أَعْمَٰلَهُمْ فَصَدَّهُمْ عَنِ ٱلسَّبِيلِ فَهُمْ لَا يَهْتَدُونَ
La reine et son peuple se prosternaient devant le soleil au lieu d’adorer Dieu. Leur prospérité matérielle ne garantissait donc pas la justesse de leur culte. La huppe expliqua que Satan avait embelli leurs actes à leurs yeux et les avait détournés du chemin. Une pratique reçue de son milieu peut paraître évidente et respectable sans être pour autant vraie.
À la fin de son rapport, la huppe évoqua Dieu, qui fait apparaître ce qui est caché dans les cieux et sur la terre et connaît ce que les êtres dissimulent comme ce qu’ils déclarent. Au trône impressionnant de la reine répondait la mention du Seigneur du Trône immense. Le récit ramenait ainsi la grandeur terrestre à sa véritable mesure.
Leçons
- Une information véridique mérite d’être examinée, même lorsqu’elle vient d’un interlocuteur modeste.
- La prospérité matérielle ne suffit pas à établir la vérité d’une croyance.
- Une tradition peut être embellie aux yeux de ceux qui la suivent et les détourner du vrai.
Chapitre 4
La lettre adressée à la reine de Saba

Soulayman ne prit pas immédiatement une décision sur la seule foi du récit de la huppe. Il lui annonça qu’il vérifierait si elle avait dit vrai ou si elle faisait partie des menteurs. Avant de juger une situation concernant tout un peuple, il fallait établir la véracité de l’information.
Il confia ensuite une lettre à l’oiseau, avec une mission précise :
Open surahSurah An-Naml 27:28
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ٱذْهَب بِّكِتَٰبِى هَٰذَا فَأَلْقِهْ إِلَيْهِمْ ثُمَّ تَوَلَّ عَنْهُمْ فَٱنظُرْ مَاذَا يَرْجِعُونَ
La lettre parvint à la reine. En la présentant aux dignitaires de son royaume, elle la qualifia de noble :
Open surahSurah An-Naml 27:29
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قَالَتْ يَٰٓأَيُّهَا ٱلْمَلَؤُا۟ إِنِّىٓ أُلْقِىَ إِلَىَّ كِتَٰبٌۭ كَرِيمٌ
Elle en indiqua l’expéditeur et lut son ouverture :
Open surahSurah An-Naml 27:30
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إِنَّهُۥ مِن سُلَيْمَٰنَ وَإِنَّهُۥ بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
Open surahSurah An-Naml 27:31
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أَلَّا تَعْلُوا۟ عَلَىَّ وَأْتُونِى مُسْلِمِينَ
Le message était bref. Il ne détaillait ni exigences financières ni revendications territoriales. Il demandait de renoncer à l’arrogance et de venir dans la soumission. Dans le déroulement de la sourate, cette invitation s’inscrit dans l’appel à reconnaître Dieu seul. La portée du récit dépasse donc un simple rapport de force entre deux royaumes.
La reine ne répondit pas par une déclaration de guerre précipitée. Elle consulta son conseil :
Open surahSurah An-Naml 27:32
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قَالَتْ يَٰٓأَيُّهَا ٱلْمَلَؤُا۟ أَفْتُونِى فِىٓ أَمْرِى مَا كُنتُ قَاطِعَةً أَمْرًا حَتَّىٰ تَشْهَدُونِ
Ses dignitaires lui exposèrent les moyens dont ils disposaient :
Open surahSurah An-Naml 27:33
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قَالُوا۟ نَحْنُ أُو۟لُوا۟ قُوَّةٍۢ وَأُو۟لُوا۟ بَأْسٍۢ شَدِيدٍۢ وَٱلْأَمْرُ إِلَيْكِ فَٱنظُرِى مَاذَا تَأْمُرِينَ
Ils affirmèrent leur force et leur capacité à combattre, tout en lui laissant la décision. La reine, de son côté, ne confondit pas la possibilité de faire la guerre avec l’obligation de la choisir. Avant d’engager son peuple, elle voulait mieux comprendre la nature de celui qui lui écrivait.
Cette étape donne au récit un rythme particulier. Une information est examinée, une lettre est envoyée, un conseil est réuni. La puissance militaire existe, mais elle n’abolit ni la vérification ni la réflexion. La consultation apparaît comme un moyen de discerner, et non comme une faiblesse du pouvoir.
Leçons
- Vérifier une information précède la décision qu’elle pourrait entraîner.
- L’échange par une lettre intervient avant l’affrontement armé.
- Consulter son entourage peut renforcer le discernement d’un dirigeant.
Chapitre 5
Le cadeau que Soulayman refusa

La reine exprima devant son conseil ce qu’elle redoutait d’une guerre et de l’entrée de souverains conquérants dans un pays :
Open surahSurah An-Naml 27:34
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قَالَتْ إِنَّ ٱلْمُلُوكَ إِذَا دَخَلُوا۟ قَرْيَةً أَفْسَدُوهَا وَجَعَلُوٓا۟ أَعِزَّةَ أَهْلِهَآ أَذِلَّةًۭ ۖ وَكَذَٰلِكَ يَفْعَلُونَ
Elle craignait la dévastation de son royaume et l’abaissement de ses habitants. Plutôt que de s’engager aussitôt dans un affrontement, elle annonça l’envoi d’un cadeau :
Open surahSurah An-Naml 27:35
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وَإِنِّى مُرْسِلَةٌ إِلَيْهِم بِهَدِيَّةٍۢ فَنَاظِرَةٌۢ بِمَ يَرْجِعُ ٱلْمُرْسَلُونَ
L’initiative pouvait lui permettre d’observer la réaction de Soulayman et de mieux comprendre ses intentions. Dans cette lecture du récit, le présent n’est pas seulement une marque de courtoisie : il devient aussi un moyen d’éprouver la relation. Un souverain principalement attaché à l’enrichissement pourrait se laisser satisfaire par des biens. L’appel d’un prophète, lui, ne se négocie pas contre un cadeau.
Lorsque les envoyés arrivèrent, Soulayman opposa une réponse ferme à cette proposition :
Open surahSurah An-Naml 27:36
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فَلَمَّا جَآءَ سُلَيْمَٰنَ قَالَ أَتُمِدُّونَنِ بِمَالٍۢ فَمَآ ءَاتَىٰنِۦَ ٱللَّهُ خَيْرٌۭ مِّمَّآ ءَاتَىٰكُم بَلْ أَنتُم بِهَدِيَّتِكُمْ تَفْرَحُونَ
Il rappela que les dons de Dieu étaient meilleurs que ce qu’ils lui apportaient. Le présent ne pouvait remplacer la réponse attendue à sa lettre. Sa richesse n’était pas le centre de l’affaire : le message concernait une orientation religieuse, non une transaction.
Il chargea ensuite les envoyés de transmettre un avertissement : il viendrait avec des troupes auxquelles ils ne pourraient résister et les ferait sortir de leur pays dans l’humiliation. La menace est bien présente dans le récit coranique ; elle ne doit être ni effacée ni transformée en simple formule de politesse. Elle s’inscrit dans un épisode particulier de l’histoire d’un prophète à qui Dieu avait accordé des pouvoirs exceptionnels.
La suite du récit conduit à la venue de la reine auprès de Soulayman. Le refus du cadeau avait montré que l’échange ne pouvait se réduire à un compromis financier. Elle allait voir elle-même ce que les envoyés ne pouvaient lui faire pleinement saisir.
Pour poursuivre la réflexion sur les bienfaits et la reconnaissance envers Dieu, vous pouvez relire les passages de cette histoire, puis rechercher les mentions de Soulayman dans le Coran.
Leçons
- Un appel à la vérité ne se remplace pas par un arrangement financier.
- La prudence consiste à examiner une situation avant d’exposer son peuple au danger.
- Les biens reçus ne doivent pas faire oublier les dons de Dieu et la responsabilité qu’ils entraînent.
Chapitre 6
Un trône apporté en un instant

Avant l’arrivée de la reine, Soulayman demanda à son assemblée qui pourrait lui apporter son trône :
Open surahSurah An-Naml 27:38
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قَالَ يَٰٓأَيُّهَا ٱلْمَلَؤُا۟ أَيُّكُمْ يَأْتِينِى بِعَرْشِهَا قَبْلَ أَن يَأْتُونِى مُسْلِمِينَ
Un djinn puissant proposa de le lui apporter avant qu’il ne se lève de sa place. Son offre témoignait d’une capacité extraordinaire. Une autre proposition fut cependant plus rapide encore :
Open surahSurah An-Naml 27:40
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قَالَ ٱلَّذِى عِندَهُۥ عِلْمٌۭ مِّنَ ٱلْكِتَٰبِ أَنَا۠ ءَاتِيكَ بِهِۦ قَبْلَ أَن يَرْتَدَّ إِلَيْكَ طَرْفُكَ ۚ فَلَمَّا رَءَاهُ مُسْتَقِرًّا عِندَهُۥ قَالَ هَٰذَا مِن فَضْلِ رَبِّى لِيَبْلُوَنِىٓ ءَأَشْكُرُ أَمْ أَكْفُرُ ۖ وَمَن شَكَرَ فَإِنَّمَا يَشْكُرُ لِنَفْسِهِۦ ۖ وَمَن كَفَرَ فَإِنَّ رَبِّى غَنِىٌّۭ كَرِيمٌۭ
Le Coran désigne celui qui fit cette proposition par la connaissance qu’il possédait du Livre. Ce passage ne donne pas son nom ; le récit n’a pas besoin de lui attribuer une identité non précisée pour conserver toute sa force. Il met côte à côte la puissance du djinn et un savoir associé à un accomplissement plus rapide.
Quand Soulayman vit le trône installé auprès de lui, sa première parole ne fut pas une démonstration d’orgueil. Il reconnut la faveur de son Seigneur et comprit qu’elle l’éprouvait : serait-il reconnaissant ou ingrat ? Le bienfait ne le dispensait donc pas de rendre compte de sa réponse à Dieu.
Le passage rappelle aussi que la gratitude profite à celui qui l’exprime. Dieu, Lui, n’a pas besoin d’elle. Cette distinction protège le cœur d’une illusion : posséder davantage ne signifie pas être devenu indépendant de son Créateur. L’épreuve peut se présenter dans l’aisance aussi bien que dans la difficulté. Si la détresse rappelle souvent la dépendance envers Dieu, le confort peut la faire oublier.
Soulayman demanda ensuite que l’apparence du trône soit modifiée :
Open surahSurah An-Naml 27:41
Verified recitation
قَالَ نَكِّرُوا۟ لَهَا عَرْشَهَا نَنظُرْ أَتَهْتَدِىٓ أَمْ تَكُونُ مِنَ ٱلَّذِينَ لَا يَهْتَدُونَ
Il voulait observer la réaction de la reine et voir si elle le reconnaîtrait. Cette scène invite à réfléchir à la capacité de discerner lorsqu’un objet familier apparaît sous une forme inattendue. Elle prépare aussi la suite : la reine devra distinguer ce qu’elle voit de ce qu’elle peut affirmer avec certitude.
Tout au long de cet épisode spectaculaire, le centre du récit reste la même question : comment recevoir un don de Dieu sans se l’approprier comme une grandeur personnelle ? Soulayman y répond en rapportant le bienfait à son Seigneur et en le reconnaissant comme une épreuve.
Leçons
- Le récit met en lumière la portée d’un savoir face à la seule puissance.
- Un bienfait peut être une épreuve de gratitude, et non un motif d’autosatisfaction.
- L’aisance exige elle aussi de rester conscient de sa dépendance envers Dieu.
Chapitre 7
Le palais de verre et la foi de la reine

Lorsque la reine arriva, on lui présenta le trône dont l’apparence avait été modifiée et on l’interrogea :
Open surahSurah An-Naml 27:42
Verified recitation
فَلَمَّا جَآءَتْ قِيلَ أَهَٰكَذَا عَرْشُكِ ۖ قَالَتْ كَأَنَّهُۥ هُوَ ۚ وَأُوتِينَا ٱلْعِلْمَ مِن قَبْلِهَا وَكُنَّا مُسْلِمِينَ
Sa réponse était mesurée. Elle reconnaissait une ressemblance, sans affirmer avec assurance ce dont elle ne pouvait être certaine. Le récit ne la présente donc pas comme dépourvue de discernement. Il indique ensuite que ce qu’elle adorait en dehors de Dieu l’avait détournée : son appartenance à un peuple non croyant et le culte qu’elle partageait avec lui pesaient sur son cheminement.
Vint alors la scène du palais :
Open surahSurah An-Naml 27:44
Verified recitation
قِيلَ لَهَا ٱدْخُلِى ٱلصَّرْحَ ۖ فَلَمَّا رَأَتْهُ حَسِبَتْهُ لُجَّةًۭ وَكَشَفَتْ عَن سَاقَيْهَا ۚ قَالَ إِنَّهُۥ صَرْحٌۭ مُّمَرَّدٌۭ مِّن قَوَارِيرَ ۗ قَالَتْ رَبِّ إِنِّى ظَلَمْتُ نَفْسِى وَأَسْلَمْتُ مَعَ سُلَيْمَٰنَ لِلَّهِ رَبِّ ٱلْعَٰلَمِينَ
Devant la surface de verre, la reine pensa voir une étendue d’eau et découvrit ses jambes pour avancer. Soulayman lui expliqua la nature de ce qu’elle avait devant elle. Le Coran décrit un palais lisse fait de verre. L’explication traditionnelle d’un sol transparent laissant voir de l’eau permet de comprendre sa méprise ; il importe de distinguer cette description explicative des mots mêmes du verset.
La scène se prête à une réflexion sur les limites de la perception : ce qui paraît évident au premier regard peut être mal compris. Cette réflexion ne doit toutefois pas devenir un dialogue intérieur que le Coran attribuerait à la reine. Le texte rapporte avant tout sa déclaration finale : elle reconnut avoir fait du tort à elle-même et se soumit, avec Soulayman, à Dieu, Seigneur des mondes.
Le choix des mots est décisif. Elle ne se soumit pas à Soulayman comme à une divinité. Elle rejoignit Soulayman dans la soumission à Dieu. Le prophète conduisait vers le Seigneur ; il n’était pas l’objet de l’adoration.
L’histoire s’achève sur cette reconnaissance, et non sur le récit d’une bataille ou de la destruction du royaume. Le parcours de la reine, depuis le culte du soleil jusqu’à la foi en son Créateur, donne tout son sens à la rencontre. L’issue mise en avant est la guidance, plutôt que le spectacle d’une victoire militaire.
Retrouvez la sourate An-Naml pour relire cet ensemble. Le savoir, la royauté, la fourmi, la huppe et le trône y prennent place dans un récit qui conduit à l’adoration de Dieu seul.
Questions fréquentes
Qui était la reine de Saba ?
Elle régnait sur le peuple de Saba, dans le sud de la péninsule Arabique, au Yémen. Le Coran mentionne son trône imposant et le culte du soleil pratiqué par elle et son peuple. Il rapporte ensuite sa soumission à Dieu avec Soulayman.
Quel rôle la huppe joue-t-elle dans cette histoire ?
Après que Soulayman eut remarqué son absence, elle revint avec des nouvelles de Saba. Elle décrivit le royaume et son culte, puis porta la lettre de Soulayman. Elle devint ainsi l’intermédiaire d’une invitation adressée à la reine et à son peuple.
Que désigne le palais de verre ?
Le passage coranique décrit un palais lisse fait de verre, que la reine prit pour une étendue d’eau. L’explication traditionnelle d’un sol de verre au-dessus de l’eau rend compte de cette apparence. Soulayman dissipa sa méprise en lui indiquant la nature du palais.
Leçons
- La perception peut tromper ; la révélation appelle à regarder au-delà de la seule apparence.
- Reconnaître ses erreurs ouvre la voie à un changement sincère.
- L’adoration revient à Dieu seul ; le prophète guide vers Lui.
- Le récit s’achève sur la guidance de la reine, non sur la destruction de son royaume.
Quiz interactif
Répondez aux questions ci-dessous, puis vérifiez vos réponses. Aucun compte nécessaire.
1. Quel est le premier élément que le Coran mentionne du patrimoine de Dawoud et de Souleymane, paix sur eux ?
2. Quelle invocation Souleymane, paix sur lui, fit-il après avoir entendu les paroles de la fourmi ?
3. Quel égarement la huppe signala-t-elle chez le peuple de Saba ?
4. Quel était le contenu de la lettre de Souleymane, paix sur lui, à la reine de Saba ?
5. Pourquoi la reine envoya-t-elle un cadeau à Souleymane, paix sur lui ?
6. Qui apporta le trône de la reine le plus rapidement ?
7. Que déclara la reine en entrant dans le palais ?
Les illustrations sont les nôtres, libres de droits, et ne représentent aucune figure religieuse identifiée.
Histoires associées
Sources des données
- Surah An-Naml 27:15-44
- Surah Al-Anbiya 21:81-82
- Surah Saba 34:12-13
- Surah Sad 38:30-40
- Tafsir Ibn Kathir
- Tafsir al-Tabari


