Sourate Ya-Sin
Les mérites de la sourate Ya-Sin
Les récits les plus célèbres sur les mérites de Ya-Sin, « le cœur du Coran » et « celui qui la lit une nuit est pardonné », ont été jugés faibles par les spécialistes de la critique du hadith. Ce qui reste est loin d’être négligeable : la récompense générale de la récitation est établie, avec une bonne action pour chaque lettre du Livre d’Allah. Lire Ya-Sin est donc récompensé, sans pour autant lui attribuer les mérites particuliers qui lui sont prêtés.
Ya-Sin est l’une des sourates du Coran les plus lues dans le monde musulman, mais aussi l’une de celles auxquelles le plus de mérites ont été attribués sans chaîne de transmission solide. S’interroger sur ses mérites nécessite donc d’abord d’examiner l’authenticité des récits. Elle compte quatre-vingt-trois versets mecquois et traite du message prophétique, de la résurrection et du sort de ceux qui démentent. Cette page rassemble les récits dans un tableau, avec leur degré, puis répond à la question : dans quelle intention lire Ya-Sin, alors ?
Tableau des récits relatifs à ses mérites et de leur degré
| Récit | Source | Degré |
|---|---|---|
| « Ya-Sin est le cœur du Coran. Aucun homme ne la lit en recherchant Allah et la demeure dernière sans être pardonné. » | Sounan d’at-Tirmidhi et autres recueils | Faible selon les spécialistes de la critique du hadith |
| « Celui qui lit Ya-Sin une nuit est pardonné. » | Ouvrages consacrés aux mérites | Faible |
| « Récitez Ya-Sin sur vos morts. » | Sounan d’Abou Dawoud et Ibn Majah | Jugé faible par de nombreux spécialistes, et bon par certains |
| « Celui qui lit Ya-Sin une fois est comme celui qui a lu le Coran dix fois. » | Récit non authentique | Non établi |
| La lire un nombre déterminé de fois pour obtenir une subsistance ou un mariage | Aucun fondement | Non établi |
| « Celui qui lit une lettre du Livre d’Allah obtient une bonne action. » | Sounan d’at-Tirmidhi, jugé bon et authentique | Établi : c’est le fondement de la récompense de sa lecture |
Pourquoi ses mérites particuliers ne sont pas authentiquement établis
Le hadith le plus célèbre sur ce sujet est : « Ya-Sin est le cœur du Coran. » Il est rapporté par at-Tirmidhi et d’autres, mais sa chaîne comporte un transmetteur inconnu. Les spécialistes de la critique du hadith l’ont donc jugé faible. Il en va de même des récits « Celui qui lit Ya-Sin une nuit » et de la formulation « comme s’il avait lu le Coran dix fois » : aucun n’est établi.
Cela ne diminue en rien la valeur de cette sourate. La récompense de sa lecture est établie par la portée générale du texte authentique : « Celui qui lit une lettre du Livre d’Allah obtient une bonne action, et la bonne action est multipliée par dix. » At-Tirmidhi l’a rapporté et l’a qualifié de bon et authentique. Le lecteur est donc récompensé sans avoir besoin d’un hadith particulier.
Sa récitation auprès d’un mourant
Le hadith « Récitez Ya-Sin sur vos morts » est rapporté par Abou Dawoud et Ibn Majah. De nombreux spécialistes l’ont jugé faible en raison de l’identité inconnue de certains de ses transmetteurs, tandis que certains savants l’ont jugé bon. Ceux qui retiennent ce dernier avis l’interprètent comme une récitation auprès de la personne à l’agonie, non sur sa tombe. Ceux qui le jugent faible s’en tiennent aux pratiques attestées : inviter le mourant à prononcer l’attestation de foi, invoquer pour lui et demander son pardon.
Un contenu qui mérite d’être lu
La valeur de Ya-Sin réside dans son contenu, non dans un nombre de récitations : les habitants de la cité et les messagers, l’homme venu en hâte qui dit « Je crois en votre Seigneur, écoutez-moi donc », puis les versets sur la résurrection et la création de l’être humain à partir d’une goutte, et enfin la conclusion sur le retour à la vie des ossements.
Surah Ya-Sin 36:58
Verified recitation
سَلَٰمٌۭ قَوْلًۭا مِّن رَّبٍّۢ رَّحِيمٍۢ Les mérites qui ne sont pas établis
- « Ya-Sin vaut selon l’intention avec laquelle on la lit » : cette expression répandue dans les sermons et les publications n’a aucun fondement dans la Sunna.
- La lire quarante fois, ou sept fois, pour réaliser un souhait : c’est fixer un nombre sans preuve.
- La lire pour faciliter la subsistance ou le mariage : rechercher sa subsistance par l’invocation, les moyens appropriés et la demande de pardon est légitime. On ne peut toutefois le subordonner à une sourate récitée un nombre déterminé de fois.
Diffuser un mérite rapporté par un récit faible en le présentant comme authentique n’est pas honorer la sourate. L’honorer, c’est la lire, la comprendre et ne lui attribuer que ce qui est établi.
Sources des données
- Sounan d’at-Tirmidhi, Mérites du Coran : hadith « Celui qui lit une lettre du Livre d’Allah », jugé bon et authentique
- Sounan d’at-Tirmidhi, Sounan d’Abou Dawoud et Ibn Majah : voies de transmission des hadiths sur les mérites de Ya-Sin et leurs degrés
- Encyclopédie du hadith, Ad-Dourar as-Saniyya
- Islam en questions et réponses
- Islamweb, Centre des fatwas
Comment lire la sourate Ya-Sin avec profit
- Le temps nécessaire : la sourate compte 83 versets sur environ cinq pages. Une lecture méditée prend une dizaine de minutes. Si vous en faites une lecture régulière, ayez pour intention la récompense générale de la récitation, non un mérite particulier.
- Pour comprendre : lisez séparément le récit des habitants de la cité, versets 13 à 32, puis les versets sur la résurrection, 77 à 83. Le propos de la sourate apparaîtra ainsi clairement.
- Le texte et la récitation : retrouvez le texte de la sourate Ya-Sin et une récitation intégrale sur la page des récitations.
- Pour mémoriser : consultez les passages similaires de la sourate Ya-Sin afin de distinguer les versets dont les fins sont proches.
- Pour rester régulier : intégrez-la à votre portion quotidienne avec le calculateur de programme de lecture intégrale du Coran.
Questions fréquentes